23 juillet 2026
Faits saillants du Sommet du Global Myeloma Action Network (GMAN)
Par Michelle Oana, directrice principale de mission, Myélome Canada
Myélome Canada a eu le privilège de participer au 12e Sommet annuel du Global Myeloma Action Network (GMAN), qui s’est tenu à Stockholm du 5 au 7 juin et était organisé par l’International Myeloma Foundation (IMF). J’ai eu le plaisir de représenter Myélome Canada aux côtés de plus de 20 membres du réseau provenant de pays d’Amérique du Nord et du Sud, d’Europe, d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Australie. Cet événement inspirant a réuni la communauté mondiale du myélome afin de favoriser le partage des connaissances, l’échange d’idées et l’exploration de nouvelles pistes pour améliorer l’accès à l’innovation et à des soins de qualité pour les personnes vivant avec un myélome partout dans le monde.
Lors de la séance de discussion World Café, j’ai eu le plaisir de présenter l’initiative de Myélome Canada visant à harmoniser la mise en œuvre des tests de la maladie résiduelle minimale (MRM) au Canada, un outil extrêmement sensible permettant de détecter de très faibles quantités de cellules myélomateuses dans l’organisme J’ai expliqué comment notre organisme mobilise les principaux acteurs afin de favoriser la collaboration et d’unir les efforts pour faire progresser cette initiative. Myélome Canada est le premier et le seul organisme de patients à diriger une initiative de cette envergure.
Un engagement historique pour améliorer l’équité dans l’accès aux traitements
L’un des résultats les plus marquants du Sommet est l’engagement pris par le GMAN d’élaborer, en collaboration avec des cliniciens et des chercheurs, des lignes directrices mondiales sur le traitement du myélome établissant une norme minimale de soins à laquelle chaque pays devrait avoir accès, peu importe sa situation géographique. En tant que Canadiens, nous avons la chance de bénéficier d’un accès relativement privilégié aux soins et à l’innovation comparativement à de nombreux autres pays. Pour mettre les choses en perspective, certains pays ont encore de la difficulté à accéder au bortézomib, un traitement désormais générique approuvé au Canada en 2005. Cet engagement historique représente une étape importante vers une plus grande équité dans l’accès aux soins à l’échelle mondiale, et nous sommes fiers de contribuer à cet effort.

[Photo : Michelle Oana, directrice principale de mission, Myélome Canada, au 12e Sommet annuel du GMAN à Stockholm. Présentation sur l’initiative de Myélome Canada visant à harmoniser la mise en œuvre des tests de la maladie résiduelle minimale (MRM) au Canada.]
La recherche avance à un rythme impressionnant
Voici quelques-uns des faits saillants qui ont particulièrement retenu mon attention et qui, selon moi, contribueront à faire progresser le traitement du myélome au cours des prochaines années :
Les quadrithérapies changent la donne
Au fil du temps, nous avons appris que deux médicaments sont plus efficaces qu’un seul pour traiter le myélome, que trois médicaments sont plus efficaces que deux et, plus récemment, que quatre médicaments (quadrithérapie) sont plus efficaces que trois. Plus précisément, les quadrithérapies utilisées dès le diagnostic du myélome donnent des résultats très prometteurs, et leur potentiel pourrait être encore plus grand à mesure que de nouvelles combinaisons sont évaluées dans le cadre d’essais cliniques. Par exemple, une étude évaluant un traitement d’induction d’une durée fixe par IberDVd (iberdomide, daratumumab, bortézomib et dexaméthasone), suivi d’un traitement d’entretien par iberdomide, a démontré un taux de réponse globale de 100 %. Autrement dit, tous les patients de cette étude de phase précoce ont répondu au traitement. Les réponses se sont approfondies au fil du temps, mais un suivi plus long sera nécessaire afin d’évaluer la durée de la réponse au traitement. Ces résultats sont remarquables et très encourageants pour l’avenir des personnes nouvellement diagnostiquées.
Des résultats encourageants pour les personnes atteintes d’un myélome multiple récidivant ou réfractaire
Une étude récente menée auprès de patients ayant connu une rechute a montré que le teclistamab utilisé seul (un anticorps bispécifique ciblant le BCMA à la surface des cellules myélomateuses) était plus efficace que les traitements PVd (pomalidomide, bortézomib et dexaméthasone) ou Kd (carfilzomib et dexaméthasone). Autrement dit, dans ce contexte, le teclistamab administré seul s’est révélé plus efficace que les traitements PVd ou Kd. Mieux encore, sans dexaméthasone! Voilà un bel exemple où moins, c’est parfois plus.
Une nouvelle thérapie bispécifique administrée à domicile à l’étude
D’autres anticorps bispécifiques, comme l’etentamig (qui cible le BCMA à la surface des cellules myélomateuses), sont en cours de développement en vue d’une administration à domicile et présentent des données encourageantes quant à leur innocuité dans un contexte de traitement ambulatoire. De plus, les recherches montrent que les traitements ciblant le BCMA pourraient demeurer efficaces chez les personnes ayant déjà reçu un traitement ciblant le BCMA et ayant connu une rechute. Pourquoi est-ce important? Jusqu’à présent, les réponses observées après un traitement antérieur ciblant le BCMA étaient généralement moins bonnes. Il est donc encourageant de constater que ce traitement montre encore une activité dans ce contexte.
Une nouvelle stratégie d’administration pour concilier efficacité et effets secondaires
Une étude a montré qu’une administration plus intensive du bélantamab mafodotin (une autre classe de médicaments appelée conjugués anticorps-médicaments) au début du traitement entraînait des réponses plus profondes et des taux de rémission plus élevés, mais augmentait également les effets secondaires oculaires. Par la suite, l’espacement des doses a permis de réduire les effets secondaires oculaires tout en préservant autant que possible l’activité du médicament contre le myélome. Dans l’ensemble, l’étude appuie une stratégie consistant à administrer des doses plus intensives au début du traitement, suivies d’un traitement d’entretien à des intervalles plus espacés, afin d’établir un équilibre entre l’efficacité et la tolérabilité. Moins de traitement, moins d’effets secondaires, tout en préservant l’efficacité? Voilà une approche qui nous plaît!
Pour en savoir plus sur les effets secondaires oculaires liés au traitement du myélome, téléchargez notre InfoFeuillet : Gestion des effets oculaires et visuels associés au myélome et à ses traitements.
Le dépistage à grande échelle de la MGUS pourrait-il améliorer les résultats de santé?
Une présentation de l’équipe de recherche iStopMM (Iceland Screens, Treats, or Prevents Multiple Myeloma) a fait le point sur les plus récents travaux visant à déterminer si le dépistage à grande échelle de la gammapathie monoclonale de signification indéterminée (MGUS), un précurseur du myélome, permet d’améliorer les résultats de santé. Selon leurs résultats, 95 % des personnes ayant reçu un diagnostic de myélome ignoraient qu’elles étaient atteintes d’une maladie précurseure (MGUS ou myélome indolent) avant leur diagnostic. Chez les personnes ayant participé au dépistage, le nombre de diagnostics de myélome indolent a augmenté de 27 % et le délai avant le diagnostic a été réduit d’un an. De bonnes nouvelles pour le dépistage? Pas si vite. La principale question demeure de savoir si un dépistage à grande échelle améliore suffisamment les résultats de santé pour en justifier la mise en œuvre. Environ 5 % des personnes de plus de 40 ans pourraient être atteintes d’une MGUS, mais seule une faible proportion d’entre elles évoluera vers un myélome indolent ou un myélome actif. La stratégie de dépistage optimale fait toujours l’objet de recherches.
Comprendre les tendances en matière de politiques d’accès aux traitements
En ce qui concerne les tendances mondiales en matière d’accès aux traitements et de politiques de santé, nous avons discuté de la nouvelle méthode américaine de fixation des prix des médicaments, connue sous le nom de politique de tarification de la « nation la plus favorisée » (Most Favoured Nation – MFN), ainsi que de ses répercussions potentielles sur les prix à l’échelle mondiale, notamment au Canada. À l’heure actuelle, on ne sait pas encore quelles en seront les conséquences pour notre pays et pour les autres. Toutefois, sur la scène internationale, on constate une réticence à simplement augmenter les prix et un intérêt croissant pour des stratégies de tarification plus novatrices et plus souples.
Une collaboration mondiale porteuse d’avenir
Après cette excellente rencontre, porteuse d’un nouvel élan et d’espoir, j’ai hâte de voir ce que nous réserve la suite, alors que nous poursuivons notre collaboration à l’échelle mondiale et continuons de bâtir sur la solide lancée de cette rencontre exceptionnelle.