22 octobre 2025

Des Canadiens atteints de myélome partagent leurs principaux constats de la réunion annuelle de l’International Myeloma Society  

Chaque année, la réunion annuelle de l’International Myeloma Society (IMS) rassemble des chercheurs, des cliniciens, des partenaires de l’industrie et des défenseurs des droits du monde entier pour échanger sur les plus récentes avancées en matière de myélome multiple. Cette année, un groupe de bénévoles dévoués de Myélome Canada a pris part à la conférence et a représenté l’organisme au kiosque de Myélome Canada tout au long de l’événement. Nous leur avons demandé de partager leurs impressions et nous sommes ravis de vous présenter ici leurs principaux constats. 

L’évolution de la notion de « guérison » 

L’un des thèmes les plus marquants de la conférence a été l’optimisme croissant dans la possibilité d’un remède contre le myélome. Brian Snowdon, Susan McDowell, Alyssa Dickey et Yvette Webb ont tous souligné que la négativité soutenue de la MRM (maladie résiduelle minimale ou mesurable) est désormais perçue non seulement comme un marqueur de rémission, mais aussi, potentiellement, comme un indicateur de guérison.  

La MRM fait référence à la très petite quantité de cellules myélomateuses pouvant subsister dans l’organisme après un traitement (souvent en quantité trop faible pour être détectée par les tests standards). Grâce à des technologies de laboratoire de plus en plus sensibles, il est aujourd’hui possible de repérer une seule cellule myélomateuse parmi un million de cellules normales dans la moelle osseuse. Lorsqu’aucune cellule myélomateuse n’est détectée à l’aide de ces méthodes de pointes, on parle alors de négativité MRM.  

Atteindre cette négativité constitue désormais un objectif thérapeutique majeur, particulièrement pour les personnes atteintes d’un myélome à haut risque. De plus, plusieurs nouveaux essais cliniques utilisent désormais les résultats de la MRM pour déterminer s’il faut intensifier (escalade) ou réduire (désescalade) le traitement.  

Brian résume cette évolution avec enthousiasme : « Le travail réalisé avec différentes combinaisons de médicaments et de traitements rend nécessaire de définir à quoi pourrait ressembler une véritable guérison. La négativité soutenue de la MRM en fait partie. Cependant, du point de vue du patient, la guérison impliquerait aussi une quasi-absence d’effets secondaires et très peu de limitations à la qualité de vie. Le simple fait qu’une définition soit aujourd’hui à l’étude donne de l’espoir pour un avenir qui n’est peut-être pas si lointain. »  

La MRM change la donne 

Le dépistage de la MRM a été l’un des sujets les plus débattus lors de la réunion de l’IMS. Brian, Susan et Alyssa ont tous souligné son rôle déterminant dans l’orientation des décisions thérapeutiques. Brian a qualifié le dépistage de la MRM de « tournant majeur », notamment en raison du potentiel grandissant des tests sanguins qui pourraient, un jour, remplacer les biopsies de moelle osseuse, des procédures beaucoup plus invasives.  

Bien que le dépistage de la MRM ne fasse pas encore partie de la norme de soins au Canada, Myélome Canada tiendra en novembre un sommet sur la MRM, qui réunira des chercheurs de premier plan, des partenaires de l’industrie, des représentants gouvernementaux et des patients afin de discuter de la meilleure approche pour intégrer la MRM à la pratique clinique au Canada. Il s’agira d’une première rencontre d’envergure, attendue depuis longtemps, réunissant l’ensemble des acteurs clés autour de ce sujet. 

Thérapie cellulaire de type CAR-T 

La thérapie cellulaire de type CAR-T (ou thérapie CAR-T) est une immunothérapie personnalisée. Elle consiste à prélever certains globules blancs du patient, les lymphocytes T, puis à les modifier génétiquement afin qu’ils puissent reconnaître et s’attaquer plus efficacement aux cellules cancéreuses. Plusieurs types de thérapies CAR-T sont actuellement en développement pour le myélome multiple. Chacune cible un marqueur protéique spécifique présent à la surface des cellules myélomateuses (antigène BCMA ou récepteur GPRC5D).  

Tanya Zigomanis a exprimé son enthousiasme face à deux nouvelles thérapies CAR-T qui ont démontré des taux de réponse remarquables tout en provoquant moins d’effets secondaires. « Anito-cel, qui cible l’antigène BCMA, a démontré un taux de réponse global de 95 % avec des toxicités minimales. Arlo-cel, ciblant le récepteur GPRC5D, a quant à lui démontré une efficacité notable chez les patients déjà exposés à l’antigène BCMA, avec un taux de réponse global de 79 % et une réduction du nombre d’infections », a-t-elle expliqué. L’expression « exposés à l’antigène BCMA » fait référence aux patients ayant déjà reçu un traitement ciblant ce marqueur.  

Les patients sont entendus 

L’importance de l’expérience des patients et de leur participation à la prise de décision a également émergé comme un thème central de la conférence.

[Photo : Jules Royer, Chantel Wicks (Myélome Canada), Alyssa Dickey et Guy Gaudet (Myélome Canada) à la réunion annuelle de l’IMS]

Jules Royer et Tanya ont souligné les résultats d’études démontrant que les patients accordent une plus grande importance à la qualité de vie, aux effets secondaires et à la commodité des traitements que ce que les médecins estiment généralement.  

Jules s’est particulièrement intéressée à une enquête menée auprès de médecins et de patients sur le partage de la prise de décision dans le contexte du myélome multiple en rechute ou réfractaire (à laquelle participait également Martine Elias, PDG de Myélome Canada). Elle a exprimé avec clarté ce qui compte le plus pour elle et pour de nombreux autres patients : « Nous, les patients, mettons davantage l’accent sur des éléments comme la qualité de vie, les effets secondaires et la commodité du traitement, comparativement aux médecins. » 

Élargir l’accès au traitement 

Les bénévoles ont été encouragés de constater que de plus en plus de traitements deviennent accessibles à un plus grand nombre de patients. Alyssa a souligné que les immunothérapies, autrefois réservées à un groupe restreint de personnes, sont désormais envisagées pour des patients plus âgés ou plus fragiles, remettant ainsi en question les limites d’âge désormais jugées dépassées.  

«  Nous avons entendu dire qu’un patient âgé de plus de 70 ans peut présenter un système immunitaire vigoureux et des lymphocytes T actifs, ce qui justifie la considération d’une thérapie cellulaire de type CAR-T », a-t-elle écrit. « Cela contraste avec les restrictions d’âge qui s’appliquent encore à certaines approches thérapeutiques comme l’autogreffe de cellules souches. »  

Le soutien prophylactique attire de plus en plus l’attention 

Si une grande partie des présentations à l’IMS portait sur les nouveaux traitements, les bénévoles ont également été encouragés par l’intérêt croissant accordé aux stratégies de soins proactifs, visant à prévenir les complications avant qu’elles ne surviennent. Tanya a notamment mis en lumière plusieurs études portant sur le soutien prophylactique chez les patients atteints de myélome, notamment l’utilisation de traitements substitutifs par immunoglobulines et d’antibiothérapies préventives pour réduire le risque d’infections – un enjeu fréquent chez les patients recevant des immunothérapies.  

L’immunoglobuline substitutive (souvent appelée IgIV) consiste à administrer des anticorps à des patients dont le système immunitaire est affaibli par le myélome ou par ses traitements, afin de les protéger contre les infections.  

« La prévention des infections plutôt que la réaction après coup est quelque chose que nous, les patients, souhaitons voir davantage. Il est donc réconfortant de constater que cette question fait désormais l’objet d’une attention soutenue », a déclaré Tanya. 

Merci à nos bénévoles 

Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude aux bénévoles qui ont représenté Myélome Canada lors de l’assemblée annuelle de l’IMS : Brian Snowdon, Susan McDowell, Alyssa Dickey, Jules Royer, Yvette Webb et Tanya Zigomanis. Vos réflexions éclairées, votre enthousiasme contagieux et votre énergie remarquable au kiosque de Myélome Canada ont laissé une impression durable sur la communauté internationale de la recherche sur le myélome. Grâce à vous, les perspectives canadiennes ont été pleinement entendues et reconnues au sein de la communauté mondiale du myélome. Vous avez démontré avec brio à quel point notre communauté est passionnée et informée.  

Un immense merci pour votre dévouement et pour le rôle d’ambassadeurs exceptionnels que vous jouez auprès des Canadiens atteints de myélome.