21 mai 2026

Marie-Claude Houle-Beausoleil

On ne peut pas contrôler les épreuves qui nous arrivent, mais on peut choisir la façon dont on les vit

À 35 ans, je travaillais dans une école pour la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe. Depuis un certain temps, je me sentais constamment fatiguée et je souffrais de douleurs au sternum. Pour réussir à fonctionner au quotidien, je prenais des médicaments antidouleur tous les jours. Malgré tout, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, mais je sentais profondément que quelque chose n’allait pas. 

Devant l’aggravation de mes symptômes et l’inquiétude grandissante, j’ai décidé de contacter directement le CHUM, où j’étais déjà suivie en prévention du cancer du sein en raison de mes antécédents familiaux. Des prises de sang ont révélé un taux de protéines anormalement élevé. J’ai ensuite été vue par un hématologue le 22 février 2024. 

Pour en arriver à un diagnostic, j’ai dû passer plusieurs examens : des prises de sang, des examens d’imagerie comme une IRM, ainsi qu’une ponction de moelle osseuse. Au total, environ huit mois se sont écoulés entre ma première consultation chez mon médecin de famille et ma prise en charge au CHUM. C’est finalement moi qui ai relancé les démarches, car mon état se détériorait et je ne me sentais vraiment pas bien. 

Je ne connaissais pas du tout le myélome avant mon diagnostic. À mon âge, les probabilités étaient extrêmement faibles, ce qui a rendu la nouvelle encore plus inattendue. 

Mon réseau de soutien 

Lorsque j’ai reçu le diagnostic, ma réaction a été particulière. Étrangement, j’ai ressenti un certain soulagement. Au fond de moi, je savais que j’étais gravement malade. Mettre un nom sur ce que je vivais signifiait aussi que j’allais enfin être prise en charge.  

C’est à ce moment-là que j’ai réellement compris qu’il n’y a rien d’acquis dans la vie. 

[Photo: Avec ma soeur, qui m’accompagne dans tout durant mon cancer et me livre ma nourriture à vélo durant ma greffe afin de me donner des forces.]

J’ai rapidement partagé la nouvelle avec mes proches. Ma mère et ma sœur avaient déjà vécu un cancer et elles ont survécu, ce qui m’a donné de l’espoir. Mon conjoint était présent avec moi au moment de l’annonce et il a été un pilier dès le départ.

Ma famille — mon père, ma mère, mon frère et ma sœur — m’a énormément soutenue, tout comme mon conjoint et mes deux garçons, qui ont fait preuve d’une résilience remarquable. J’ai aussi été accompagnée par un thérapeute en hypnose, Frédéric Fortin, d’Accès Hypnose. 

Pour traverser la maladie, j’ai trouvé une grande force dans l’activité physique. Je m’entraînais au Gym Xtra avec Francis Charbonneau, ambulancier et propriétaire. Je faisais des entraînements en circuit, en disant à la blague que je « suais ma chimio ».

[Photo: Mes amies en or.]

Ma voisine m’accompagnait, et j’ai développé des liens d’amitié avec des gens du gym. Cela me motivait à y retourner chaque semaine, pour garder mon corps en forme et ma tête hors de l’eau. 

Mes amis et ma belle-famille ont été présents tout au long de mon parcours. Tout cet amour et ce soutien m’ont permis de rester dans un état d’esprit positif malgré les traitements. 

Faire une différence 

Cette expérience a profondément transformé ma vie. J’ai appris à ralentir, à écouter mon corps et surtout à profiter de chaque moment. J’ai compris qu’il faut vivre au jour le jour et apprécier ce que l’on a, parce que rien n’est acquis. 

Très rapidement, j’ai ressenti le besoin de faire une différence. En cherchant des façons concrètes de m’impliquer et de faire avancer les choses, j’ai découvert l’organisme Myélome Canada. Je voulais contribuer à la recherche et aider à améliorer la réalité des personnes atteintes. 

Au fil du temps, mon engagement a pris de plus en plus de place. J’ai participé au projet « Mourir d’envie d’être une priorité – Agir contre le cancer maintenant » en racontant mon histoire. J’ai pris part à des conférences pour sensibiliser à l’importance du diagnostic précoce, à la prévention et à la défense des droits des patients. J’ai également collaboré à la rédaction d’un article de journal visant à faire avancer les travaux de modernisation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, afin de préserver l’expertise des médecins chercheurs et de continuer à offrir des soins de qualité ici, au Québec. Cet hôpital, situé à Montréal, joue un rôle essentiel et sauve des vies chaque jour. 

[Photo: Campagne « Mourir d’envie d’être une priorité », menée par Agir contre le cancer maintenant et Hill & Knowlton.]

J’ai eu l’honneur de recevoir le prix coup de cœur de la PDG de Myélome Canada. J’ai aussi développé une communauté sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser au myélome et encourager les dons pour la recherche. J’ai participé à la conférence « Health eMatters » et je me suis impliquée pour faire avancer l’accès aux traitements CAR-T au Canada. Récemment, j’ai rejoint l’activité Défi Cyclo-myélome, où j’agirai comme porte-parole. 

Poursuivre le combat, aujourd’hui et demain 

Aujourd’hui, je continue de me battre activement contre la maladie. Je participe à un processus de recherche en « prêtant » mon corps à la science, dans l’espoir de faire avancer les traitements. Je poursuis mes traitements de chimiothérapie ainsi que des injections pour renforcer mes os et mon système immunitaire. Malgré tout cela, je continue d’enseigner à temps plein pour la Commission scolaire, ce qui me permet de garder un équilibre et un sentiment de normalité dans mon quotidien. 

[Photo: Grand Prix des relations publiques, remporte également le Prix Coup de cœur du public.]

Aujourd’hui, le message que je souhaite transmettre est simple : on ne peut pas contrôler les épreuves qui nous arrivent, mais on peut choisir la façon dont on les vit. J’ai décidé de vivre mon cancer de manière positive, tout en cherchant à faire une différence. Je veux contribuer à faire avancer la recherche, dans l’espoir qu’un jour, on trouve un remède pour cette maladie encore incurable. 

Pour donner au Défi Cyclo-myélome ou s’inscrire :  

Défi Cyclo-myélome : équipe Marie-Claude – Myeloma Canada | Myélome Canada